Aller à la collection
Retour à la collection
La Langue Oubliée

La Langue Oubliée

Chaque trait fut jadis un talisman pour maintenir l'équilibre du monde.

Technique
Acrylique sur toile
Dimensions
116 × 85 cm
Heures de travail
165 h
Code
15

Il fut écrit un jour, dans un livre qui n'existe plus, que le monde était né de quatre rêves : le rêve de la lumière, le rêve de l'eau, le rêve de la terre et le rêve du feu.

On raconte qu'au commencement, les hommes comprenaient la langue de ces rêves. Les fleurs leur parlaient, les oiseaux portaient des messages, et les motifs n'étaient jamais de simples ornements — chaque trait était un talisman destiné à maintenir l'équilibre du monde. Mais les siècles passèrent, et l'être humain oublia la langue des motifs. Les tapis restèrent sous les pieds, les symboles devinrent décoration, et les portes entre les mondes se fermèrent une à une.

Jusqu'à ce qu'une femme, dans une ville silencieuse, découvre une nuit, parmi de vieux tapis entreposés, un dessin étrange — différent de tous les autres. Son médaillon central battait comme un cœur, et les arabesques se mouvaient lentement, comme vivantes. Cette nuit-là, quand la lune fut pleine, les quatre anciens gardiens s'éveillèrent : le gardien du vent, dont l'esprit se cachait dans l'oiseau blanc, en haut ; le gardien de l'eau, respirant dans la trace des vagues et des fleurs turquoise ; le gardien de la terre, endormi dans les rinceaux et les racines dorées ; et le gardien du feu, flamboyant dans les fleurs rouges et les lignes cachées du motif.

On dit que chaque figure des angles détient un fragment de la mémoire du monde. La femme en haut à gauche fut la dernière à entendre la langue des anges. L'homme en haut à droite gardait une forêt sacrée qui ne figure sur aucune carte. Le vieillard en bas à gauche découvrit le secret du passage entre le rêve et la veille. Et la jeune fille en bas à droite fut le dernier être terrestre capable de parler aux fleurs.

Mais le véritable secret se cache au centre. On raconte que si quelqu'un parvient à suivre chaque ligne jusqu'à son terme — si son regard ne se perd pas parmi tant de motifs, et si son cœur est vide du tumulte du monde — le médaillon central s'ouvre lentement, telle une porte qui ne mène pas à un lieu, mais à une autre conscience.

Et là, l'on comprend que ces motifs n'ont jamais été faits de main d'homme. Ils sont la mémoire d'un monde que l'humanité connut jadis, puis oublia. C'est pourquoi certains, en contemplant ce tableau, éprouvent une étrange familiarité — comme s'ils l'avaient déjà vu quelque part. Peut-être en songe. Peut-être avant la naissance. Ou peut-être en un temps où l'être humain n'était pas encore séparé de la lumière.

Salut à la lumière

Renseignements

Pour la disponibilité, les commandes ou les demandes d'exposition, écrivez à l'atelier.

Écrire à l'atelier

khoshnoodfarporiya@gmail.com